Saint‑Bonnet‑en‑Champsaur

Situé sur la route Napoléon, à la frontière entre le Dauphiné et la Provence et jouxtant le Parc National des Écrins, Saint-Bonnet témoigne d’un passé prestigieux et préserve depuis des siècles son patrimoine culturel avec ferveur.

Capitale historique de la vallée du Champsaur

Saint Bonnet est un ancien bourg médiéval dominant la Route Napoléon. Patrie de François de Bonne, duc de Lesdiguières et dernier connétable de France, Saint Bonnet a conservé de précieux vestiges de son passé : la Place aux Herbes et ses tounes (maisons sur voûtes), vieilles portes en noyer massif, place Grenette et sa halle couverte, les rues médiévales de Saintt Jacques, de la Tour, de l’Hôpital, le Château de Daillon (maison fortifiée du XVIIe siècle)…

Saint-Bonnet, bourg médiéval

Au Xe et XIe siècles, le village était ceint par des remparts comprenant quatre portes d’accès à la ville intra-muros : la porte de Saint Eusèbe au nord-ouest, la porte de Saint Julien au nord-est, la porte de Saint Jacques à l’est et la porte de Gap au sud-est. L’enceinte fut détruite au XVIIIe siècle répondant ainsi à une importante hausse démographique.

 

Capitale commerciale du Champsaur

Dès le XVIe siècle, Saint Bonnet est rythmé par la vie agricole. Une première urbanisation du bourg c’est déroulée de 1773 à 1775, permettant le dallage des places et des ruelles, ainsi que l’installation des égouts.
Au XIXe siècle, bourg peuplé pour moitié d’agriculteurs et pour moitié d’artisans et de commerçants.
Au XXe siècle, Saint Bonnet est un bourg commercial florissant; les marchés et foires animant chaque semaine les rues attirent foule. Avant la 1e Guerre Mondiale, on y comptait une quinzaine de commerçants (culottière, tisserand, abattoir, serruriers, couteliers, vanniers…) et cinq cafés.
– ‘Tounes’, ‘andrones’, ‘grenette’, ‘chevréril’ ?
Certaines rues et places ont pris le nom des produits vendus sur les marchés :
– le mot ‘grenette’, qui a donné le son à la place où se trouve aujourd’hui l’Office de Tourisme, provient du mot ‘grain’…lieu où se trouvait le marché aux céréales. La halle, construite en 1843, abritait les étals de grains et les charrettes à foin lors des orages.
– ‘chevréril’ vient du mot patois ‘lou chabrariou’, désignant le lieu du marché aux chèvres.
Les ‘tounes’ sont des arcades situées au res-de-chaussée du bâtiment et ouvraient sur les écuries. Par mauvais temps, elles servaient d’abri pour soigner les chevaux.
Les ruelles de Saint Bonnet sont pourvues de nombreuses ‘andrones’ (du provençal ‘androuno’ signifiant ‘ruelle’) : passages couverts entre deux bâtiments permettant ainsi d’augmenter la surface d’habitation sans empiéter sur la rue.

Lesdiguières, dernier connétable de France

François de Bonne, duc de Lesdiguières, naquit en 1543 à Saint Bonnet dans une famille de la petite bourgeoisie.
Il reçut une éducation catholique et entrepris des études de Droit pour ensuite s’engager dans les armes. Ce n’est qu’au fur et à mesure de ses fréquentations qu’il deviendra protestant.
Ami du futur roi de France Henri de Navarre, il défendit la province contre les Ducs de Savoie et devint lieutenant général du Dauphiné en 1597, puis Maréchal de France en 1609.
Durant la régence, Marie de Médicis le fit Duc et Pair en 1611, érigeant le Champsaur en Duché et Pairie.
En 1621, il abjura le protestantisme; son choix semble moins religieux que politique pour être nommé connétable de France (chef des armées), l’un des plus prestigieux offices royaux, qu’il fut le dernier à remplir.
Il fit un château de la maison forte de ses ancêtres aux Disguières (situé sur la commune du Glaizil, dans la vallée du Valgaudemar, le château aujourd’hui est en ruines).
Mort en 1626, à lâge de 83 ans à Valence, son corps fut transporté dans son château, comme il le désirait.

Les informations ci-dessus sont tirées du guide ‘Route du patrimoine : des clefs pour comprendre (Champsaur Valgaudemar – Dévoluy)’ réalisé par la Communauté de communes du Champsaur (2004).