Pour être honnête, la première fois que Margot m’a parlé de cette virée en gravel à travers les vallées du Champsaur et du Valgaudemar, je n’ai pas su les situer. Après trois jours à sillonner routes et chemins du coin et à dévorer produits et histoires du cru, on ne m’y reprendra plus. Le Champsaur Valgo m’a eue. Et mes comparses aussi.
Top départ du périple gravel
C’est le premier jour de cette micro-aventure de trois jours. Nous nous réveillons à Laye, dans le gîte Maison l’Aiguille, fenêtre ouverte sur le Pic du même nom. Ce premier contact avec les sommets alentour augure d’un séjour qui demeurera sans nuages. Première mission de la journée : braquer le buffet que Marjorie et Guillaume, maîtres des lieux, ont soumis à notre appétit matinal.
Nous sommes venues pour découvrir le coin sous toutes ses routes, qu’elles soient forestières ou jonchées de pierres. La mise en jambes ne déçoit pas : un single à flanc de versant qui serpente d’abord entre mélèzes et sapins jusqu’à une prairie qui dévoile les fleurs et leurs couleurs de fin de printemps, le vieux Chaillol et ses 3 163 mètres en ligne de mire.
Alors que Marie bataille avec un pissenlit duveteux de la taille d’un ballon de handball, je profite de la vue sur le bocage du Champsaur et ses airs de puzzle géant aux pièces inégalement découpées. Au-delà de son esthétique végétale, cet entrelacement de haies de hêtres abrite une exceptionnelle biodiversité.
Il est justement l’heure d’aller au contact de la faune locale. Notre grupetto s’engage direction Saint-Bonnet-en-Champsaur. Selon la râleuse que je suis, cet itinéraire cyclable à travers les bosquets champsaurins et les routes du Valgaudemar est plus doux pour les yeux que pour les jambes. Nous sommes dans les Hautes-Alpes, j’aurais dû me douter que mes mollets allaient chauffer.




















