La recette de la neige de culture

  • Hiver

De nos jours la « Neige de culture » est un des équipements prépondérants dans les stations de sport d’hiver. Nous sommes partis à la rencontre de Vincent, responsable des remontées mécaniques et ancien nivoculteur de la station d’Ancelle.

Comment produit-on de la neige de culture ?

Une affaire de compression, de nucléation, de température… On vous explique tout ou presque… Pour fabriquer de la neige de culture ? les ingrédients de l’eau, de l’air comprimé et du froid !!

Facile vous me direz … pas tant que ça ! Afin de pouvoir produire la neige, on doit envoyer l’eau sous pression dans les enneigeurs. Ces gouttelettes d’eau envoyées sous pression à plus de 20 bar ne gèle pas directement à la sortie. Comme dans les nuages, l’eau ne gèle pas, c’est lors de sa chute que la gouttelette d’eau va rencontrer de minuscules particules (quelques microns) autour desquelles va se produire la nucléation.

La nucléation est la phase sans laquelle la neige ne peut se produire. Le travail des nivoculteurs est de mélanger une infime quantité d’eau propulsée à haute pression qui va s’atomiser en de minuscules particules. Ces toutes petites particules de glace à la manière des particules dans l’atmosphère vont servir de noyaux de nucléation, c’est alors au contact de l’air froid que celles-ci vont se solidifier et former les fameux cristaux de neige.

Ancelle compte 280 canons sur son domaine, 240 perches pour 40 canons.  C’est aussi le premier domaine nordique à avoir mis en place des enneigeurs mobiles.

Produire de la neige : la recette

La neige peut globalement et selon le matériel être produite à partir de -3°C (température humide) mais les rendements sont très faibles à ces températures et les enneigeurs deviennent réellement efficaces avec des températures comprises entre -6 et –10°C. La température dont se servent les nivoculteurs est la température dite humide, c’est c’elle qui prend en compte le taux d’humidité dans l’air. Moins il y’a d’humidité et plus la « température humide » est basse comme l’indique le tableau ci-contre. Au-dessus de -3°C, la neige produite est de mauvaise qualité et forme des plaques de glace : le cauchemar du nivoculteur. Comme pour la neige naturelle, la neige de culture selon sa température de production sera plus ou moins « lourde» mais ses propriétés physiques sont telles qu’elle est dorénavant devenue indispensable pour offrir un produit ski de qualité. La neige de culture est physiquement plus dense et résiste mieux à l’abrasion des skis et à la fonte. De plus, elle offre une qualité de glisse de meilleure qualité pour les nordistes.

Il est important de rappeler qu’aucun adjuvent n’est utilisé pour produire cette neige de culture, il ne s’agit que d’eau et d’air comprimé.

 

Les installations pour la neige de culture

Pour la fabrication de neige de culture, nos stations ont largement investi dans l’installation de réseaux comme ici à Ancelle. Le réseau de canons est géré de manière informatique au sein d’une salle de contrôle où l’on peut voir les températures en direct sur chaque enneigeur et piloter la production à distance. Leur mise en route s’effectue en 15 minutes environ. L’eau arrive depuis le captage de la Rouanne située à 1850 m et vient remplir la retenue collinaire de 120 000 m3 créée en 2011 soit l‘équivalent de près de 50 piscines olympiques. Un large réseau de canalisation a été mis en place  durant les été pour permettre l’acheminement de l’eau jusqu’au enneigeurs. Plusieurs installations de pompes et compresseurs sont quant à elles disséminées sur le domaine dont la plus importante au sommet de Chatégré. Elle dispose de 6 pompes qui peuvent tourner chacune à 200m3 d’eau à l’heure. Ancelle lorsque, les conditions sont optimales peut enneiger 80% de son domaine en 3 jours à raison d’une production de 2500m3 / heure soit l’équivalent d’environ 5000m3 de neige de culture et vider sa retenue. Cette retenue se remplit, au printemps, à la fonte des neiges en un mois environ.

Neige de culture à Ancelle