© Nathalie Gilbert
Colette, Claude, Chloe

Le Val des sources

le lien avec le terroir

Si le lien entre le terroir et les hommes se voyait être un lieu, il se situerait sans aucun doute au Val des sources, dans le Valgaudemar. Dans la famille Gueydan, la combinaison du C 3 est une réussite, Colette aux fourneaux, Claude en salle et Chlöe qui se bat pour un avenir durable dans une contrée québécoise.

Hautes-Alpes, 05, Parc national des Ecrins, Vallée du Valgaudemar, Saint-Maurice-en-Valgaudemar, Hôtel Restaurant le Val des Sources //  Hautes-Alpes, 05, Ecrins national park, Valgaudemar valley, Saint-Maurice-en-Valgaudemar, Hôtel restaurant le Val des Sources Hautes-Alpes, 05, Parc national des Ecrins, Vallée du Valgaudemar, Saint-Maurice-en-Valgaudemar, Hôtel Restaurant le Val des Sources // Hautes-Alpes, 05, Ecrins national park, Valgaudemar valley, Saint-Maurice-en-Valgaudemar, Hôtel restaurant le Val des Sources Hautes-Alpes, 05, Parc national des Ecrins, Vallée du Valgaudemar, Saint-Maurice-en-Valgaudemar, Hôtel Restaurant le Val des Sources // Hautes-Alpes, 05, Ecrins national park, Valgaudemar valley, Saint-Maurice-en-Valgaudemar, Hôtel restaurant le Val des Sources © Bertrand Bodin

Le Val des Sources : une histoire de famille

Derrière cette belle adresse se cache toute une histoire de famille, de liens et de transmission. Il faut remonter au début des années 1960, où les parents de Claude, tous deux originaires du Champsaur Valgaudemar, ont eu la bonne idée de se rencontrer, de tomber en amour et de se lancer dans le commerce. Voilà comment, le 14 juillet 1965, l’hôtel-restaurant Le Val des Sources ouvrit ses portes. C’est en 1986 que Claude et sa maman se retrouvent seuls à la barre du navire, rejoints quelques années plus tard par Colette. Native de Briançon, originaire de Pont-du-Fossé et étudiante en psychologie à Grenoble, rien ne prédisait un tel avenir à une des cheffes les plus réputées de nos vallées. Aux côtés de sa belle-maman, issue elle-même d’une famille de cuisiniers, la transmission commence. Colette observe les mouvements, retient les odeurs, mémorise les gestes, les bons. 

 

« La cuisine, c’est du lien. Je veux cuisiner comme une mère qui cuisine pour des enfants, c’est mon identité, je suis une mère cuisinière. »

Colette

Un lieu dans l’air du temps

Cette formation en binôme continue encore une quinzaine d’années, jusqu’à ce que le tablier ne lui revienne entièrement. « Quand elle a lâché les rênes, j’ai compris ce qu’était le travail. J’ai commencé à gérer la cuisine en tant que lieu mais, là où j’ai vraiment performé, c’est quand j’ai compris que je devais me l’approprier ».
Précurseurs, depuis le début, il est mis un point d’honneur à cuisiner frais et local. Claude et Colette n’ont jamais mis fin à cette habitude qui, aujourd’hui, est un critère de choix évident et de qualité certaine.
 Dans les yeux de Claude, il est aisé de lire toute son admiration envers sa femme. « Elle est modeste, mais il arrive que les clients la demandent en salle et l’applaudissent. Il y en a même qui disent de sa cuisine qu’elle est source d’inspiration ». Des stages en cuisine, Colette en a fait, ce qui lui a valu de belles rencontres, notamment celle avec le chef Régis Marcon, qui est davantage dans la transmission que dans la consommation.

 

« Les gens ne font pas que manger ici, ils partagent. Ce qui est mis en avant ici, ce n’est pas la consommation, c’est tout d’abord l’échange. On ne prend pas les gens pour des cons, on prend le temps, on est dans le donnant/donnant. On préfère refuser des gens plutôt que de leur assurer un service en dessous de nos exigences .»

Claude

La cuisine comme lien humain

Face à une clientèle habituée, celle qui arrive à mémoriser les goûts de chacun et à adapter sa carte en fonction, fait l’unanimité. « Je veux cuisiner comme une mère qui cuisine pour des enfants, c’est mon identité, je suis une mère cuisinière. Il y a une notion de respect des produits et de celui qui va les manger. Il sait qu’il a le meilleur de ce que je suis. C’est mon éthique, le retour des clients me nourrit ». Il y a du lien dans cette maison, entourée de montagnes. Un lien familial. Un lien avec le terroir. Un lien humain. Tous les ingrédients sont réunis

pour que la mayonnaise continue de prendre. Cette auberge, qui préserve ses deux étoiles, vit au rythme de la vie et fait salle comble tout l’été. Est-ce que la carte changera d’ici quelques années et que la transmission se fera avec Chlöé ? Qu’importe ce qu’il en sera, la recette continuera de régaler les papilles…