La vallee du Valgaudemar et la route des cascades

La vallée du Valgaudemar, au coeur du Parc National des Ecrins est un un théâtre idéal pour observer l’écoulement tumultueux de ses eaux. A la fonte des neiges, les cascades grondent dans la vallée et donne des air d’Islande à ce bout du monde.

 

 


 

Le Valg’« eau »demar

Si le Valgaudemar se résume à ses pics puissants partis à l’assaut du ciel, il est aussi nervuré de torrents qui s’écoulent docilement depuis les glaciers. Mais la peau dure de la vallée faite de gneiss et de granite, rend l’eau incapable de creuser à volonté pour rejoindre le cours de la Séveraisse. Il ne lui reste plus que la chute comme autant de larmes spectaculaires, qui nous content son impuissance. Vous ne serez donc pas surpris d’être entourés de cascades en vous enfonçant dans la vallée. La cascade de Combefroide tout d’abord vous lorgne aux abords de la Chapelle-en-Valgaudemar, puis vient celle du Casset et enfin l’incontournable Voile de la Mariée, plus en amont, bouquet final d’une parade permanente à l’allure irréelle.

Parfois, l’eau est si persuasive et inventive qu’elle taille des formes inédites dans la roche rebelle. Dans l’entonnoir de la vallée de Navette, en aval de la cascade de Buchardet, le torrent dessine des marmites de géant, les « oulles du diable ». Il serait bien imprudent de s’aventurer en dehors de l’adorable chemin qui borde ses rives depuis le hameau des Portes et qui permet une observation privilégiée de ce combat éternel.

 


 

 

 

REMONTER LA VALLÉE ET SON HISTOIRE

A Aspres-les-Corps, vous pouvez découvrir le hameau de Brudour. Ce hameau longtemps délaissé a retrouvé une seconde vie. Niché à 1052 m, au creux d’un vallon très boisé, il est dominé par des alpages magnifiques. Ce hameau témoigne de la vie traditionnelle d’autrefois : four banal, lavoir, fontaine et la chapelle sont prêts à vous dévoiler leurs secrets.

Au village des Portes, à la Chapelle en Valgaudemar, se trouve un pont gallo-romain surplombant les « Oulles du diable », marmites d’eau bouillonnantes façonnées par le temps. En levant les yeux vous profiterez de la vue sur le massif de l’Olan.

Découvrez le canal des Herbeys de Chauffayer. C’est en 1754 que le projet de création d’un canal, destiné à irriguer le plateau d’Aubessagne, fut envisagé. Achevé en 1773, ce canal de 28 km de long prend l’eau des torrents de Prentiq et de la Séveraisse pour l’acheminer jusqu’à la commune. Il fallut toutefois attendre 1881 pour que les riverains puissent irriguer véritablement leurs cultures. Ce mode d’irrigation est aujourd’hui toujours en activité grâce à la réalisation de corvées d’entretien nécessaires à son bon fonctionnement.

Sur les terres du Glaizil se trouve les vestiges du château de Lesdiguières. Ce château fut à partir du XVIème siècle le lieu de « repos » de François de Bonnes, devenu chef des protestants et dernier connétable de France sous Henri IV, roi de France. Il prendra par la suite le titre de Duc de Lesdiguières. Après sa mort, en 1926, les ducs de Savoie pillèrent le château. Il n’en reste aujourd’hui que quelques vestiges.

Valgaudemar le « petit Himalaya » des Ecrins

Dominant la plaine du Drac et l’entrée de la vallée du Valgaudemar, se trouve les vestiges de la forteresse de Saint Firmin. Elle fut construite en 1377 par Pierre d’Ambel, co-seigneur du Valgaudemar. Elle fut bâtie pour protéger les habitants du Valgaudemar qui subissaient les dommages des mercenaires de la guerre de 100 ans désoeuvrés entre deux batailles.

Le moulin du Séchier, situé sur la commune de Saint Jacques en Valgaudemar, était autrefois un moulin à chaux. Racheté en 1992 par la commune, le moulin est devenu un centre culturel. Celui-ci se compose d’un grand bâtiment avec cinq salles aménagées pouvant accueillir des expositions, une salle couverte pour les spectacles et un parc arboré qui offre un espace de loisirs et de détente.

Sur la commune de Saint Maurice se trouve une église romane qui fut édifiée entre la fin du XIème et le début du XVIIème siècle par les moines de Cluny. La mairie l’a restaurée en 2010 et a retrouvé des décors datant du XVIIème siècle. Sully est le nom donné au remarquable tilleul plusieurs fois centenaires qui fut planté sous le règne d’Henri IV et qui protège l’église.

A Villar Loubière se trouve le moulin Bellon qui fut construit en 1838 et restauré en 1979 par la commune, le Parc national des Écrins et le Musée dauphinois. Il est le seul sur 23, à pouvoir témoigner du travail des meuniers de la vallée d’autrefois. Ce moulin hydraulique a, pour particularité, une roue horizontale fonctionnant avec la force de l’eau pour la mise en route des cardans. Les meules transforment les céréales en farine et les noix en huiles.