© Lucie de @Dodosoutente

Micro expedition polaire entre filles

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Voilà ce qui arrive quand tu as 7 h de récup à poser et que tu habites à proximité du Valgaudemar… Départ vers l’une des plus belles vallées des Alpes du Sud, au cœur de nos chères Hautes- Alpes… la très encaissée, authentique et sauvage vallée du Valgaudemar… rien que ça ! 

Lucie de DodosoutenteLucie de Dodosoutente
Lucie

Bonne vivante et habitante des Hautes-Alpes, Lucie aimee partir en quête de nouvelles aventures à pied, à vélo... le plus souvent pour un "Dodosoustente" avec son binome Jérémie.

DODO BOULOT RANDO !

Après une matinée au bureau (un lundi matin des plus communs), l’empressement est à son comble en attendant midi ! Vraiment trop impatiente de partir passer la nuit en montagne entre copines et d’ailleurs les sacs à dos sont déjà prêts depuis la veille…

Départ vers l’une des plus belles vallées des Alpes du Sud, au cœur de nos chères Hautes- Alpes… la très encaissée, authentique et sauvage vallée du Valgaudemar… rien que ça ! A peine arrivées, c’est déjà trop beau. On longe la Séveraisse pour se rendre au pied des géants du massif des Ecrins. Même si on connaît déjà la vallée, c’est toujours le même éblouissement, surtout à l’automne avec toutes ces pentes abruptes couvertes d’arbres et d’arbustes roux. Avec les premières neiges sur les sommets, le contraste est saisissant. Comme d’habitude, pas grand monde dans les parages, surtout hors saison… juste une seule voiture au départ.

Prendre de l’altitude dans un décors aux allures d’Himalaya

La grimpette commence au Rif du Sap, à environ 1400 m. A peine sur le sentier, c’est déjà l’aventure avec un petit torrent à traverser et des paysages grandioses. On se sent déjà bien loin de la civilisation et de tous les petits tracas du quotidien !

Les virages se suivent et le sentier ne cesse de monter. Le poids du sac commence à se faire sentir même si on est plutôt habitué au portage. Comme on ne part qu’une seule nuit, on n’a pas été très regardante sur le poids du sac. Bon ! il faut avouer qu’à l’intérieur il y a des pantoufles, des gaufres au miel ou bien encore une bouillotte…  c’est ça les trips entre nanas ! Bref… l’ascension se poursuit jusqu’au replat de la cabane de berger de la Muande, à environ 2000 m d’altitude. On est presque à mi chemin. Un peu après, on aperçoit plusieurs animaux sur les hauteurs, sûrement des chamois mais on a malheureusement oublié les jumelles.

Même sous 8 degrés, on a presque chaud jusqu’à maintenant suite aux efforts de la montée. Là, c’est une autre histoire, le vent commence à souffler et nous glace… on sort les doudounes et les gants. Un peu plus haut, quelques passages sur les rochers sont un peu plus techniques et il y a une portion un peu plus à flanc mais rien de bien compliqué quand on a l’habitude. On a emporté les crampons au cas où mais finalement la neige est assez haute en altitude. Les bâtons de rando suffisent à franchir les quelques petites portions glissantes. On arrive sans encombre jusqu’à cette merveilleuse cabane tant attendue, perchée sur son bout de rocher.

Voilà ce qui arrive quand tu as 7 h de récup à poser et que tu habites à proximité du Valgaudemar… 

A la conquête de la cabane de Chalance... Paradis au beau milieu des montagnes.

Après l’effort, le réconfort à 2500 m d’altitude ! 3h de grimpette plus tard, il est presque 18h et c’est l’heure du goûter (enfin à peu de chose près !)… thé, gaufres et biscuits se succèdent. A notre étonnement, nous ne sommes finalement pas seules, deux personnes vont aussi passer la nuit ici.

On profite de ce lieu unique qui invite à la contemplation. C’est d’ailleurs une des plus belles terrasses qui existe et franchement on reviendra en été pour le bain de soleil ! Pour couronner le tout, la fin de journée laisse place à une magnifique mer de nuages et a de superbes lueurs… un peu comme dans un rêve. La cabane est hyper fonctionnelle. Elle est non gardée mais gérée par le CAF. Il y a une petite cuisine avec du gaz, une bonne dizaine de couchages et même de la lumière grâce aux panneaux solaires. Le repas est convivial entre discussions et pâtes au pesto (c’est pratique, on fait bouillir la neige pour cuisiner) … et la nuit se passe confortablement grâce aux chaufferettes qu’on a emportées. La pollution lumineuse est bien loin et ce promontoire offre une superbe nuit étoilée !

 

Une parenthèse hors du temps, au dessus des nuages…

Au réveil, le conte de fées se poursuit par un lever de soleil des plus majestueux face au Sirac. Le petit thé en terrasse est glacial mais sympathique. La redescente est imminente car il faut retourner bosser cet après-midi. Le chemin retour se réalise par le même itinéraire qu’à l’aller. De nombreux rochers sont encore recouverts de glace, ce qui demande un peu de vigilance mais toute la descente s’expose rapidement au soleil. Cette petite escapade express nous permet de prendre conscience que l’aventure est à portée de main…